Le lundi, le restaurant est fermé. C’est le jour où l’on prend la route. Chaque producteur inscrit sur la carte a été visité au moins une fois, et la plupart sont revus une fois par an. Aucun produit principal n’entre à la carte sans que quelqu’un de la maison ait vu où il est produit.
Le rayon d’approvisionnement est de cent kilomètres autour de Paris pour les légumes, les œufs, la volaille et les produits laitiers. Il s’élargit pour trois catégories qu’on ne trouve pas en Île-de-France : les poissons, qui viennent de la baie de Seine et de la côte atlantique par la criée du matin ; les champignons, de Sologne et du Jura ; les viandes, du Limousin et des Landes.
« Le circuit court n’est pas une vertu en soi. Il oblige juste à savoir de qui l’on parle quand on écrit un nom sur une carte. »
Élise Marchand
Restent trois produits qui viennent de loin, et que nous préférons nommer plutôt que taire : la pistache de Bronte, en Sicile, dont nous faisons la glace du soufflé ; le poivre de Timut du Népal qui accompagne l’entrecôte ; et le cacao grand cru du Vietnam à 72 % du sorbet. Il n’existe pas d’équivalent local à ces trois-là. Les remplacer par un produit moins bon pour tenir un discours serait une autre forme de malhonnêteté.
Les invendus de fin de service sont récupérés quatre soirs par semaine par une association de quartier. Les fonds, les parures et les carcasses ne quittent jamais la cuisine : ils repartent en bouillon le lendemain matin.
Voir la composition détaillée de chaque plat.