Aller au contenu principal
Façade haussmannienne du restaurant éclairée à la tombée de la nuit, rue de Penthièvre à Paris 8e
Acte I — L’ouverture

MAISON VAUDREUIL Restaurant gastronomique — Paris 8e

Depuis 1987, la même adresse.
Le même geste, chaque soir.

À dix-neuf heures, la porte s’ouvre.
Tout ce qui suit a été préparé pour ça.

La maison

Une adresse ouverte en 1987, rue de Penthièvre

Le restaurant a ouvert le 14 octobre 1987, dans l’ancien atelier d’un encadreur du quartier de la Madeleine. Henri Vasseur, son fondateur, cherchait une salle assez petite pour reconnaître les habitués et assez haute de plafond pour qu’on y parle sans se pencher. Il l’a trouvée au 18 de la rue de Penthièvre, à deux pas du Faubourg-Saint-Honoré. La salle n’a pas changé de dimensions depuis : trente-quatre couverts, pas un de plus.

Pendant vingt-neuf ans, Henri Vasseur y a servi une cuisine française classique, sans manifeste et sans concession sur le produit. En 2016, il a transmis la maison à Élise Marchand, entrée ici comme commis en 2004, partie se former sept ans ailleurs, revenue prendre le passe. La transmission s’est faite un mardi, entre deux services. Le restaurant n’a fermé qu’un seul jour.

« On ne reprend pas une maison pour la corriger. On la reprend pour comprendre pourquoi elle tenait debout, puis on avance d’un pas. »

Élise Marchand, cheffe de cuisine depuis 2016

Ce pas, c’est la saison. La carte change toutes les cinq à six semaines, au rythme des arrivages, jamais du calendrier commercial. Les producteurs sont tous à moins de cent kilomètres — sauf trois exceptions assumées et nommées sur la carte : la pistache de Bronte, le cacao grand cru du Vietnam et le poivre de Timut du Népal. On préfère l’écrire que le taire.

En 2021, la salle a été reprise sans être refaite : parquet poncé, banquettes regarnies dans le velours d’origine, éclairage repris point par point pour que la lumière tombe sur l’assiette et non sur la table. Rien n’a été ajouté. Deux choses ont été retirées — la moquette et la musique.

Le service est assuré du mardi au samedi, midi et soir. Le dimanche et le lundi, la maison est fermée : ce sont les jours où l’équipe visite les producteurs et où la carte suivante s’écrit.

Lire l’histoire complète de la maison, l’équipe et les producteurs.

1987 Année d’ouverture
34 Couverts en salle
6 Semaines par carte
100 Rayon d’approvisionnement
Salle du restaurant aux boiseries de noyer, nappes ivoire et appliques en laiton, éclairée à la bougie
Acte II — La salle

La salle Trente-quatre couverts, une seule salle

34 couverts.
Pas un de plus.

Au fond, une porte.
C’est là que tout commence.

Neuf plats

Ce que l’on sert en ce moment

Trois entrées, trois plats, trois desserts. Chacun tient parce qu’un producteur, quelque part, a fait son travail avant nous. Voici ce que raconte chaque assiette.

Entrées

Six huîtres Gillardeau ouvertes sur lit de glace pilée, granité au vinaigre de cidre et échalote confite

Huîtres Gillardeau n°2

24 €

Granité au vinaigre de cidre

Ouvertes à la commande, jamais avant. Le granité n’est pas là pour masquer l’iode mais pour le tenir droit. On les sert par six, sur glace pilée.

Tranche épaisse de terrine de lièvre à la royale, chutney de coing ambré et pain de campagne grillé

Terrine de lièvre à la royale

29 €

Chutney de coing, pain de campagne grillé

Trois jours de travail pour une tranche. Le lièvre est désossé, farci, roulé, cuit lentement dans son propre sang et son vin. Le coing coupe le gras. Rien d’autre n’y arriverait.

Quartier de céleri-rave rôti et caramélisé, crème de noisette et sarrasin torréfié

Céleri-rave rôti au sarrasin

21 €

Crème de noisette, sarrasin torréfié

Un légume seul, rôti trois heures dans sa peau jusqu’à devenir presque une viande. Le sarrasin torréfié craque, la noisette adoucit. Personne ne demande où est le reste.

Plats

Entrecôte de bœuf Aubrac maturée 60 jours tranchée, os à moelle rôti et pommes fondantes

Entrecôte de bœuf Aubrac maturée 60 jours

46 €

Os à moelle, poivre de Timut, pommes fondantes

Soixante jours en chambre froide avant d’arriver ici. La maturation concentre tout : le goût, la tendreté, l’odeur de noisette. Tranchée au passe, jamais avant. C’est cette pièce que vous avez vue plus haut.

Filet de turbot de ligne rôti sur l’arête, beurre d’algues et poireaux brûlés

Turbot de ligne rôti sur l’arête

42 €

Beurre d’algues, poireaux brûlés

Rôti entier sur son arête, ce qui prend du temps et occupe un four. C’est le seul moyen d’obtenir cette chair nacrée qui se détache en feuillets. Le beurre d’algues ramène la mer.

Suprême de pigeon de Racan rosé, betteraves glacées, cassis frais et jus au genièvre

Pigeon de Racan

39 €

Betterave, cassis, jus au genièvre

Élevé en Touraine, livré entier, plumé ici. Servi rosé — nous ne le cuisons pas davantage, et nous le disons avant de prendre la commande. La betterave et le cassis tiennent tête au genièvre.

Desserts

Soufflé chaud à la Chartreuse verte levé au-dessus du ramequin, glace pistache de Bronte

Soufflé chaud à la Chartreuse verte

18 €

Glace pistache de Bronte

Commandé en début de repas, pas à la fin : il lui faut vingt minutes. Il sort du four et traverse la salle sans s’arrêter. Si vous le laissez attendre, il ne vous attendra pas.

Paris-Brest individuel garni de crème pralinée aux noisettes du Piémont et amandes effilées

Paris-Brest

16 €

Praliné noisette du Piémont

Le praliné est fait ici, à la meule, avec des noisettes du Piémont torréfiées la veille. C’est long, c’est salissant, et ça se sent au premier coup de cuillère.

Poire entière pochée au vin de Banyuls, robe grenat brillante, sorbet cacao et poivre long

Poire pochée au Banyuls

15 €

Sorbet cacao, poivre long

Pochée douze heures dans le Banyuls jusqu’au cœur, elle sort grenat et translucide. Le sorbet cacao est amer, volontairement. Le poivre long arrive en dernier, longtemps après.

Voir la carte détaillée

Les menus

Trois façons de passer à table

Chaque menu est composé le matin même à partir des arrivages. Les allergies et régimes signalés à la réservation sont pris en charge sans supplément, sur l’ensemble des formules.

Déjeuner du marché

Servi au déjeuner, du mardi au vendredi

46 €

Entrée, plat, dessert — choisis parmi deux propositions par service.

Verre de vin en accord : 9 €

Menu Automne

Midi et soir

74 €

Cinq services qui suivent la carte d’automne, du plus vif au plus long en bouche.

Accord mets et vins : 38 €

Menu Dégustation

Le soir uniquement, table entière

105 €

Huit services, dont deux ne figurent jamais à la carte. Comptez trois heures.

Accord mets et vins : 54 €

Le chef dépose une assiette dressée sur le passe en inox de la cuisine du restaurant
Acte III — La cuisine

Le passe Là où l’assiette devient un plat

Sept personnes, neuf mètres carrés.
Aucune assiette ne sort sans être vue deux fois.

L’assiette part.
Le reste ne nous appartient plus.

Le geste

Ce qui se passe entre la commande et la table

La cuisine fait neuf mètres carrés. Sept personnes y travaillent pendant le service, dont deux qui ne cuisinent pas : le plongeur, sans qui rien ne tient, et la cheffe, qui dresse et contrôle chaque assiette au passe. Aucun plat ne quitte la cuisine sans avoir été regardé deux fois — une fois par celui qui l’a monté, une fois par elle.

Le travail réel commence à sept heures du matin. Les fonds partent en premier parce qu’ils demandent le plus de temps : un fond de veau réduit six heures, un bouillon de volaille quatre. À dix heures, les livraisons arrivent et la carte du jour se ferme définitivement. Ce qui n’est pas arrivé au niveau attendu ne sera pas servi, même s’il figurait sur l’ardoise la veille.

« Un service, c’est quatre-vingt-dix minutes où l’on ne peut plus rien corriger. Tout se joue avant. »

Élise Marchand

Le dressage se fait sur assiette froide pour le cru et sur assiette tiédie à cinquante degrés pour le chaud. La distance entre le passe et la table la plus éloignée est de onze mètres : c’est la contrainte qui a dicté toute la carte. Un plat qui ne supporte pas onze mètres n’entre pas à la carte, quelle que soit sa qualité en cuisine.

Le service en salle est assuré par trois personnes, dont Thomas Kieffer, chef sommelier, qui suit la cave depuis 2018. La cave compte quatre cent vingt références, dont près de la moitié en vins de Loire et du Jura — un parti pris qui s’explique par la cuisine, plus acide que grasse.

Rien de tout cela n’est visible depuis la salle. C’est voulu. La maison, l’équipe et les producteurs — si vous voulez la suite.

Le maitre d’hotel depose une entrecote de Salers sur la nappe en salle
Acte IV — Le service

Le service De la cuisine à la table, sans un mot

L’assiette quitte le passe.
Elle ne s’arrête plus.

Le bon service, c’est celui dont on ne se souvient pas.

La carte des desserts reliee en cuir bordeaux presentee au client a table
Acte V — Les desserts

Les desserts La fin du repas commence ici

Et puis il y a la fin du repas.
Celle qu’on n’avait pas prévue.

La cheffe dresse une poire pochée au Banyuls sur l’assiette, au passe de la cuisine
Acte VI — Le dressage

Le dressage La poire, montée à la commande

Le sirop, la quenelle, le poivre.
Dans cet ordre, jamais un autre.

Rien n’est dressé à l’avance.
C’est pour ça que ça prend douze minutes.

Poire pochee au Banyuls et sorbet cacao servis en salle a la bougie
Acte VII — Le dessert

Le dessert Poire pochée au Banyuls, sorbet cacao

On avait dit non.
On a dit oui.

La salle

Le service commence quand la cuisine s’arrête

Trois personnes tiennent la salle. Nadia Berthier, maître d’hôtel depuis 2013, et deux chefs de rang. Pour trente-quatre couverts, c’est beaucoup — et c’est le seul poste sur lequel la maison n’a jamais rogné. Un plat annoncé, servi et expliqué en moins de quinze secondes ne coupe pas une conversation ; au-delà, il l’interrompt.

L’annonce se fait à voix basse, du côté du convive, jamais au-dessus de la table. Les assiettes ne sont pas posées simultanément à la seconde près : elles arrivent dans l’ordre où elles sont prêtes, quitte à ce que dix secondes séparent deux convives. Un plat qui attend au passe pour faire joli est un plat qui refroidit.

« Le bon service, c’est celui dont on ne se souvient pas. On se souvient du plat, de la personne en face, et de rien d’autre. »

Nadia Berthier, maître d’hôtel

Une table est retenue pour deux heures trente au déjeuner et pour la soirée entière au dîner. Il n’y a pas de second service : personne ne vous demandera de libérer la table. C’est la raison pour laquelle il n’y a que onze tables, et pourquoi il faut réserver.

Le verre d’eau est resservi sans qu’on le demande, l’assiette est débarrassée quand les deux convives ont terminé, et l’addition n’arrive jamais avant qu’on l’ait réclamée. Ce sont trois règles écrites, affichées à l’office depuis 1987. Elles n’ont pas été modifiées lors de la transmission.

Réserver une table ou faire connaissance avec l’équipe.

Facade du restaurant Maison Vaudreuil la nuit, porte fermee apres le service
Acte VIII — La fermeture

La fermeture Minuit, rue de Penthièvre

La porte se referme.
La même, depuis 1987.

Maison Vaudreuil

Restaurant gastronomique — Paris 8e

Trente-quatre couverts, et pas un de plus

C’est ce qui rend la réservation nécessaire — et ce qui fait que nous connaissons le nom de la plupart des personnes assises en salle. Le service du soir affiche complet en moyenne dix jours à l’avance.

Informations pratiques

Venir dîner rue de Penthièvre

Adresse

18 rue de Penthièvre
75008 Paris
France

01 99 00 12 34
reservation@maisonvaudreuil.fr

Horaires

Du mardi au samedi

Lundi
Fermé
Mardi – vendredi
12h–14h · 19h–22h
Samedi
12h–14h · 19h–22h
Dimanche
Fermé

Accès

Métro — Miromesnil (lignes 9 et 13), 3 minutes à pied. Saint-Philippe-du-Roule (ligne 9), 5 minutes.

Bus — Lignes 28, 32, 80 et 93, arrêt Penthièvre.

Voiture — Parking Haussmann-Berri à 300 mètres. Voiturier le soir sur demande à la réservation.

Bon à savoir

Salle accessible aux personnes à mobilité réduite (plain-pied, sanitaires adaptés).

Allergies et régimes pris en charge s’ils sont signalés à la réservation.

Groupes jusqu’à 12 personnes ; privatisation complète possible le lundi.

Démonstration. Le nom, l’adresse, le téléphone, l’équipe et l’historique de cette page sont fictifs. Le numéro appartient à la plage réservée à la fiction par l’ARCEP.